14 – 18 : On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels !

Le but de la société est -il de tous nous tuer pour le  » profits ,l’intérêt  » ?

D’après le film de Michel collon  » On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels  » les médias racontent « comment » a eu lieu la Première Guerre mondiale (dix millions de morts), mais jamais pourquoi.« Morts pour la patrie », proclament tous nos monuments officiels.

Mensonge ! 14-18, c’était déjà une guerre du fric. Non seulement chez les « méchants » (Allemagne, Autriche), mais aussi chez les « gentils (France, Angleterre, Belgique…),le véritable enjeu était : quelle puissance dominera le monde et contrôlera ses richesses ?

Documentaire de Michel Collon – 30mn :

Causes de la Première Guerre mondiale :

Comme toute guerre de coalition à l’échelle européenne, les causes du premier conflit mondial sont multiples : politiques, économiques et sociales. De plus, depuis pratiquement le déclenchement de ce conflit, les intellectuels, les militants politiques et les historiens se sont penchés sur ces causes, entraînant l’existence d’une historiographie nombreuse et variée.

Ainsi, il convient de distinguer, dans la diversité des causes, les causes immédiates, le casus belli du 28 juin 1914, découlant du problème rencontré par la Double Monarchie avec l’irrédentisme slave du Sud autour de la Serbie, et les causes plus profondes, politiques, économiques et sociales.

Même si le contexte international du printemps 1914 laisse entrevoir à plus d’un contemporain le déclenchement à court terme d’un conflit à l’échelle européenne, c’est l’assassinat de l’héritier du trône impérial et royal, François-Ferdinand d’Autriche-Este, qui ouvre le « troisième chapitre des guerres balkaniques », selon le mot du chancelier allemand, Theobald von Bethmann-Hollweg, qui affirme en mars 1914, qu’il deviendra rapidement un conflit européen.

Causes économiques, commerciales et financières :

Pour être exhaustif, les enjeux économiques, au sens large, c’est-à-dire les rivalités commerciales, financières et les enjeux économiques propres à chaque État ne doivent pas être négligés. Fritz Fischer le premier, mais aussi Paul Kennedy, évoquent le rôle des enjeux économiques dans le déclenchement du conflit.

Empire expansionniste tard venu dans la course à la puissance, le Reich modifie les rapports de force entre grandes puissances. Située au centre de l’Europe, la construction politique héritée de Bismark remet en cause la position relative de l’ensemble de ses voisins.

Le Reich connaît en effet sous le règne de Guillaume II une croissance importante. Cette croissance est démographique, économique et impérialiste, démographique, parce que le Reich gagne 17 millions d’habitants en 25 ans, voyant sa population passer de 49 millions d’habitants en 1890 à 66 millions d’habitants en 1914.

Du point de vue économique, la croissance est plus spectaculaire encore, puisque sa production de charbon triple entre 1890 et 1914 et la production d’acier est supérieure à la somme des productions des trois futurs pays de l’Entente ; cette croissance fournit au Reich, dans les années précédant le conflit, le moyen d’une infiltration économique chez ses voisins, Autriche-Hongrie, France, Empire russe, par le biais d’une politique d’achats de concessions minières et pétrolières, d’entreprises industrielles : ainsi, la Steaua Romana, entreprise de commercialisation du pétrole romain, est fondée avec des capitaux de la Disconto Gesellschaft, et obtient le monopole de commercialisation des productions pétrolières roumaines en Europe.

Par sa puissance économique, Le Reich peut prétendre à une politique expansionniste et coloniale de premier plan. Cependant, le décalage entre cette rapide montée en puissance d’une part et la réalité de son essor politique extra-européen de l’autre crée les conditions d’une exacerbation des sentiments nationaux dans un contexte marqué par l’absence d’un vrai successeur à Bismarck.

Au cours de l’année 1913, le Reich semble ne plus avoir les moyens de garantir, du point de vue économique, ses alliances politiques. En effet, la défaite bulgare lors de la Seconde Guerre balkanique est analysée aussi comme une défaite financière du Reich, qui n’a plus les moyens de soutenir sa politique d’expansion commerciale par une politique financière d’octroi de prêts aux États balkaniques :

en effet, au cours de l’année 1913, faute d’argent pour les défendre face à une politique financière française entreprenante, le Reich est contraint de céder à la France les positions économiques acquises dans l’ensemble des royaumes balkaniques et en Turquie. En décembre 1913, la France remplace le Reich comme principal bailleur de fonds de la Grèce et de la Roumanie, en dépit de contre-mesures allemandes symboliques, comme l’octroi du bâton de maréchal au roi Constantin.

Dans le même temps, l’alliance avec la Turquie est mise à mal, pour les mêmes raisons qui aboutissent à l’éviction allemande des royaumes balkaniques. En effet, en dépit du soutien résolu de l’état-major turc, formé par la mission militaire allemande, l’influence allemande dans l’Empire ottoman décline dans le courant de l’année 1913, faute d’argent pour accéder aux besoins financiers turcs, selon le mot de Guillaume II lui-même.

Contrairement au Reich manquant structurellement de capitaux, la France dispose en 1914 de solides réserves financières, utilisées pour consolider les alliances politiques. Ainsi, une habile politique d’octroi de prêts aux États en recherche de capitaux détache le royaume d’Italie de l’alliance allemande à partir des années 1880, assure des neutralités ou fragilise les succès diplomatiques du Reich dans la Péninsule Balkanique, en Turquie ou en Chine. Cette puissance financière française masque cependant la faiblesse commerciale de la politique étrangère française, incapable de rivaliser avec le Reich dans ce domaine.

Le XIXe siècle a contribué à modifier le regard des populations sur les conflits armés. En effet, jusqu’à cette période, les guerres sont localisées dans l’espace et dans le temps, menées en tenant compte des possibilités démographiques et financières des États qui y participent.

Dans l’ensemble des pays européens, la force des nationalismes crée les conditions de l’exaltation de sentiments nationaux, et aux développements des rivalités nationales. Ainsi, les responsables du Reich, Guillaume II en tête formulent-ils les rivalités politiques et économiques avec leurs voisins comme la manifestation du conflit entre les Slaves et les Germains.

Multipliant les allusions à un conflit multiséculaire germano-slave, l’empereur allemand inspire certains de ses collaborateurs, dont son chef d’état-major, Helmuth von Moltke, et développe devant des représentants austro-hongrois des arguments de même nature.

Face à ce sentiment de l’existence d’une opposition entre les Germains et les Slaves, les populations slaves en général et russes en particulier développent en leur sein un sentiment panslave, encouragé par le gouvernement après les défaites de 1904-1905.

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