Le Trans Adriatic Pipeline, le gaz azéri au mépris des droits humains et de la démocratie

Aussi absurde que cela;  les entreprises pétrolières veulent toujours plus d’argent. Les armées ont besoin de pétrole et de gaz pour faire la guerre. Et pendant ce temps-là, une minorité « le peuple » travaille et paye ses impôts pour un système comme celui-ci.

C’était en 2013 que le projet du Trans Adriatic Pipeline à vue le jour : Le projet était estimé à un coût de 6 milliards d’euros.

1 – Le Trans Adriatic Pipeline (TAP)

2 – Le Trans Adriatic Pipeline, le gaz azéri au mépris des droits humains et de la démocratie

Le Trans Adriatic Pipeline (TAP), en français « gazoduc trans-adriatique », est un projet de gazoduc ayant pour objet de transporter vers le marché européen le gaz naturel de la mer Caspienne (Azerbaïdjan). Il partira de la frontière gréco-turque et traversera la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique pour arriver en Italie.

Le TAP est soutenu par les institutions européennes et est un maillon du projet de corridor gazier sud-européen qui permettra d’acheminer du gaz naturel en Europe occidentale depuis le gisement gazier de Shah Deniz.

Le gazoduc démarre à la frontière Grèce-Turquie, à Kipoi), où il se raccorde au gazoduc Trans-Anatolie (qui traverse la Turquie). Il traverse la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique pour atteindre l’Italie à côté de San Foca . La longueur total du gazoduc est de 878 kilomètres, dont 550 kilomètres en Grèce, 215 km en Albanie, 105 km sous la mer et 8 km en Italie. La portion sous-marine atteindra une profondeur maximale de 810 m . La capacité du gazoduc est d’environ 10 milliard de m³ de gaz naturel par an, avec une option de doubler la capacité à 20 milliards de m³. Le gazoduc est composé de tuyaux de 1 200 mm de diamètre pour une pression de 95 bars pour la section terrestre et de tuyaux de 910 mm pour une pression de 145 bars pour la section sous-marine.

2 Le Trans Adriatic Pipeline, le gaz azéri au mépris des droits humains et de la démocratie

Pour les dirigeants européens, le gaz est devenu un enjeu géopolitique majeur – suffisamment important, apparemment, pour fragiliser leurs objectifs climatiques et mettre entre parenthèses les droits de l’homme et la démocratie. C’est ce dont témoigne le projet démesuré du « Corridor gazier sud », un ensemble de gazoducs destiné à acheminer, sur 3500 kilomètres, le gaz des gisements azéris de la mer Caspienne vers l’Europe. Budget total : 45 milliards de dollars, apportés en partie par les banques publiques européennes.

Pour que ce projet voit le jour, les leaders politiques de l’Europe n’hésitent pas à s’associer publiquement au gouvernement de l’Azerbaïdjan, malgré sa répression notoire des opposants et des journalistes. L’industrie gazière européenne, quant à elle, y voit un moyen d’enfermer le vieux continent dans plusieurs décennies supplémentaires de consommation de gaz, malgré l’Accord de Paris (lire notre enquête récente : Sous l’influence des industriels et de leurs lobbies, l’Europe s’enferme dans un carcan de gazoducs et de terminaux méthaniers).

Le troisième et dernier tronçon de ce grand projet, le Trans Adriatic Pipeline ou TAP, doit relier la Turquie au sud de l’Italie à travers la Grèce et l’Albanie. Il est porté par un consortium regroupant Socar, l’entreprise azérie, la britannique BP, l’espagnole Enagas ou l’italienne Snam. Le chantier suscite une vive résistance des riverains et des écologistes, notamment en Grèce et en Italie, où le gouvernement a appelé l’armée à la rescousse contre les manifestants qui protestaient contre le déracinement de dizaines milliers d’oliviers centenaires [5]. En Albanie, c’est une filiale de Vinci qui est en charge du chantier, dans des conditions elles aussi problématiques [Lire cet article].

Le rôle des fonds publics français : Ircantec et le Fonds de réserve pour les retraites ont investi près de 100 millions dans BP, l’un des principaux protagonistes de projets de développement et d’importation en Europe du gaz azéri. Le Fonds de réserve pour les retraites est également lié financièrement à d’autres entreprises impliquées dans le projet, comme l’italienne Snam (près de 70 millions d’euros en actions et obligations), l’espagnole Enagas (environ 39 millions en actions et obligations) et le français Vinci (plus de 47 millions d’euros en actions).

Article parut sur https://www.bastamag.net