L’homme et les drogues au quotidien : Cocaïne,Cannabis,Lsd…

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Une longue liste de stéréotypes nationaux est profondément ancrée dans notre esprit.

Les Français aiment le pain, les Suisses sont neutres, les Américains n’ont pas de sens de l’humour, les Britanniques ne vont jamais chez le dentiste, etc, etc. Cette liste est infinie, et transforme le monde en un ensemble ininterrompu de clichés usés jusqu’à la moelle.

Il est donc impératif de trouver de toutes nouvelles hypothèses hâtives, et quel meilleur domaine que celui de la drogue pour établir une telle liste ? Après tout, il y a tellement de choses à dire d’une personne en fonction de la drogue qu’elle consomme.

Par chance, le rapport annuel intitulé Global Drug Survey est paru il y a quelques jours. Les responsables de l’enquête ont rassemblé des données auprès de 80 000 consommateurs âgés de 20 à 40 ans, venant de 40 pays différents. La plupart semblent issus de la classe moyenne et ne présentent pas de problèmes de dépendance aiguë, mais cette enquête reste une opportunité unique d’analyser en profondeur la consommation de drogues dans le monde.

Vous avez peut-être remarqué que la presse est devenue dingue ces derniers jours après les révélations de l’enquête, qui indiquent que les gens continuent à aimer la drogue et l’alcool, et que de plus en plus de personnes se fournissent sur Internet. Mais avec toute cette hystérie et ces gros titres accrocheurs, vous êtes peut-être passé à côté des faits les plus croustillants. Voici donc sept choses que l’enquête nous révèle au sujet des habitudes des consommateurs de drogues à travers le monde.

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Photo : Chris Bethell

LES BELGES ASSUMENT TOTALEMENT LEUR ADDICTION À LA COCAÏNE

La cocaïne a été élue la drogue au pire rapport qualité-prix dans le monde – et sachant que l’on parle d’un produit coupé avec des additifs inutiles, ce n’est pas vraiment une surprise. Il y a malgré tout quelques pays qui se fichent de gaspiller leur argent en sachets de bicarbonate de soude, speed ou autre Levamisole – la Belgique par exemple, qui semble la plus satisfaite de sa cocaïne.

Déjà reconnus pour leurs excellentes bières, leur chocolat et leurs gaufres, les Belges donnent un 5,5/10 à la cocaïne au niveau du rapport qualité prix. Ça peut sembler faible, mais, en comparaison, les Australiens délivrent un très faible 2,3/10. La cocaïne belge est la moins chère, à 52 euros le gramme en moyenne. En Australie, elle coûte quatre fois plus cher et atteint les 230 euros le gramme, ce qui est tout bonnement ridicule.

Pourquoi cette différence ? Huit millions de containers passent par le port d’Anvers chaque année ; c’est une des plus grandes plate-formes du trafic de cocaïne en Europe. La drogue provient d’Amérique du Sud, et les trafiquants vont jusqu’à la cacher dans des cargaisons de bananes. Mais ça ne semble pas décourager les Australiens : malgré sa qualité médiocre et son prix élevé, l’enquête révèle que les Australiens consomment autant de cocaïne que les Belges.

SI VOUS NE VOULEZ PAS VOUS FAIRE CASSER LA GUEULE EN ACHETANT DE LA WEED, ALLEZ AUX PAYS-BAS

Un consommateur de cannabis sur 20 a déclaré avoir déjà subi des violences en achetant de l’herbe. Les endroits les plus dangereux pour acheter du cannabis sont la France et l’Allemagne – pour la MDMA, il s’agit de la France et de la Suisse. Il faut croire que l’air alpin pousse les dealers à tabasser les ravers inoffensifs.

Un marché régulé est bien entendu plus sûr. Aux Pays-Bas, où acheter un pochon de weed est aussi facile et légal que de se payer un frappuccino, moins de 2% des personnes sondées ont déclaré avoir subi des violences en achetant du cannabis. Si vous parcourez Amsterdam en étant défoncé, je pense que vous avez plus de chances de vous faire percuter par un tramway que de vous prendre une rouste. Les dealers néerlandais semblent être les plus pacifiques au monde, vu que le pays connaît également le plus faible taux de violence lors de l’achat de MDMA.

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Photo via

LES AMERICAINS NE SUPPORTENT PAS LES JOINTS QUI CONTIENNENT DU TABAC

On le savait déjà, mais maintenant c’est officiel : les Américains sont dégoûtés par les joints qui contiennent du tabac.

L’enquête montre que seulement 7% des américains mélangent tabac et cannabis dans leurs joints. Dans le reste du monde, 75% des individus composent leurs joints de tabac et de cannabis. En Suisse, en France, en Belgique, au Portugal et en Hongrie, plus de 90% des sondés jugent le tabac nécessaire pour consommer du cannabis ; au Royaume-Uni, ce pourcentage s’élève à 80%. En Europe, on fume des joints adoucis et délicatement roulés ; aux États-Unis, on se rapproche plus des blunts chiadés de Snoop Dogg.

Les consommateurs les plus proches des Américains sont les Néo-zélandais, qui ne sont que 24% à mélanger tabac et cannabis. Cela nous donne une indication sur la raison qui pousse ces deux pays à fumer les joints les plus sains : ils ont tous deux une tradition de culture domestique de cannabis qui ne nécessite pas de tabac pour brûler – contrairement au haschich qui était, jusqu’au milieu des années 2000, le type de cannabis le plus répandu d’Europe.

SI VOUS VOULEZ VOUS FAIRE CHOPER AVEC DE LA WEED SUR VOUS, ALLEZ EN ESPAGNE

Près d’un quart des consommateurs de drogues espagnols ont déjà été arrêtés en possession de cannabis. Ce nombre s’explique par la récente campagne anti-drogue menée par le gouvernement régional de Madrid, à rebours des politiques de régulation conduites par les autonomies catalane et basque.

De leur côté, 20% des consommateurs suisses ont déjà été arrêtés pour possession de cannabis, ce qui en fait le second pays de ce classement. En effet, malgré une législation peu stricte, un nouveau dispositif anti-drogue a fait augmenter le nombre d’arrestations : les poursuites pénales ont été remplacées par de simples amendes, ce qui a incité la police à arrêter plus de consommateurs.

Parmi tous les pays étudiés par cette enquête, les États-Unis et la Hongrie ont la législation la plus sévère en cas d’arrestation pour détention de cannabis. Près d’un quart des gens arrêtés dans ces deux pays voient leur liberté de voyager réduite, l’arrestation ayant également des conséquences sur leur travail et leurs études.

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(Photo via)

HORMIS L’IRLANDE, PERSONNE NE BOIT VRAIMENT PENDANT LA SEMAINE

Il est surprenant d’observer que seulement 35% des interviewés déclarent avoir eu la gueule de bois au bureau l’année dernière, et 65% tout au long de leur vie. Ces résultats auraient pu se comprendre si l’enquête avait été menée chez des pilotes ou des chirurgiens cardiaques, mais là on parle avant tout de gros consommateurs de drogues dans leurs jeunes années. J’ai bien peur de ne pas pouvoir expliquer pourquoi personne ne boit pendant la semaine – c’est peut-être parce que les gens sont trop occupés à se droguer.

Les buveurs irlandais arrivent en tête, mais même dans leur cas ils ne sont que 50% à être allés au boulot avec la gueule de bois au cours de l’année précédente. Parmi les nations les moins saoules en semaine, on retrouve l’Espagne. Peut-être parce que les Espagnols sont tous au chômage, malheureusement.

En ce qui concerne les bad trips au travail, les Hollandais sont les plus susceptibles de se retrouver dans cette situation, sans doute parce qu’ils sont les plus gros consommateurs de MDMA et d’amphétamines. Il doit y avoir une corrélation avec le fait que les Hollandais sont les plus gros consommateurs de caféine.

Les Américains et les Néo-Zélandais sont les moins nombreux à avoir connu cette sensation.

LES MEXICAINS FUMENT BEAUCOUP D’HERBE

L’enquête montre que 77,5% des Mexicains interrogés avaient consommé du cannabis au cours de l’année précédente, alors que la moyenne mondiale n’est que de 48,2%. Les États-Unis (69,9%) et le Brésil (69,5%) occupent également les premières places.

Le cannabis est consommé au Mexique depuis l’époque pré-coloniale et il est communément utilisé par la médecine traditionnelle. Par conséquent, la population ne considère pas le cannabis comme une drogue « dure » qui pourrait conduire à la dépendance. Une autre explication potentielle réside dans le fait qu’une sacrée quantité de weed pousse dans le pays – 20 000 tonnes, à en croire le gouvernement.

SI VOUS AIMEZ LA MDMA ET QUE VOUS VIVEZ EN NOUVELLE-ZÉLANDE, DÉMÉNAGEZ AUX PAYS-BAS

Les Hollandais attribuent à l’ecstasy le meilleur rapport qualité/prix au monde, avec un score de 8/10. Bien entendu, ils ont l’ecstasy la moins chère de notre planète, à 5 euros la pilule. La poudre de MDMA a également un très bon rapport qualité/prix aux Pays-Bas, avec un score de 7,5/ 10 (le même que celui du Danemark), notamment grâce à son coût, le moins élevé au monde (24 euros le gramme).

Malheureusement pour les consommateurs néo-zélandais de MDMA, le pays a le plus faible rapport qualité/prix pour l’ecstasy (4/10) et pour la MDMA en poudre (5/10). La pilule coûte plus de 27 euros, le gramme de poudre s’élève à 175 euros – à savoir les prix les plus chers de l’univers.

C’est un parfait exemple de la manière dont l’éloignement des principaux réseaux de distribution rend la drogue beaucoup plus chère et de moins bonne qualité. Ces prix élevés expliquent pourquoi la Nouvelle-Zélande avait le marché le plus dynamique en ce qui concerne les drogues légales – sous la forme du BZP, drogue inspirée de l’ecstasy – mais aussi pourquoi les drogues « faites-maison, comme la crystal meth, se sont imposées dans des régions isolées du globe, de Wellington jusqu’au cœur de l’Amérique profonde.

Si les gens n’ont pas les moyens d’acheter des drogues décentes, ils les fabriqueront eux-mêmes.

Basé sur l’expérience de près de 80 000 consommateurs ayant participé au Global Drug Survey2014, un guide pour une utilisation plus sûre de la drogue a été créé, inspiré par les enquêtés eux-mêmes : le High-way Code.

(Extrait du Global Drug Survey – Enquête pharmaceutique mondial,court du plus grand sondage de la drogue dans le monde)

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